A l’occasion des Journées du Patrimoine en Bretagne, Kader BENFERHAT a présenté à un public passionné et captivé d’une quarantaine de personnes l’histoire de la construction du canal de Nantes à Brest et de la rigole d’Hilvern.

Conférence Histoire du canal

 

Conférence Histoire du canal

D’abord

Une rencontre avec ce patrimoine

« Il y a plus de quarante-quatre ans, quant au double hasard d’une vie estudiantine et d’une rencontre après avoir quitté mon oasis natale du sud saharien, je me suis retrouvé au cours d’une escapade en Bretagne intérieure à Glomel au cœur de la grande tranchée du canal de Nantes à Brest. Fascination certes, mais aussi choc et superposition d’images entre cette profusion d’eau qui brille de ses mille éclats dans les déversoirs et les minces filets qui s’écoulent dans ces oueds oubliés des crues, de mon oasis natale. »

Une recherche dans les archives et sur le terrain

« Voilà que je découvre cette eau, à mes pieds, captée à travers un agencement de biefs, d’écluses, de déversoirs, comme pétrie d’une étreinte humaine. Le mystère d’une telle étreinte m’a poussé à en découvrir la mémoire ainsi que l’histoire de ces canaux, des lettres patentes de François Ier en 1539 autorisant les rennais à rendre navigable la Vilaine, aux projets de Napoléon Ier employant les prisonniers de guerre espagnols, aux soldats déserteurs du camp de Glomel, aux paysans dans la misère  jusqu’à nos jours. Fabuleuse aventure humaine par l’ampleur de la tâche qui a modelé des paysages, forgé des mentalités et façonné des vies. A travers ces pages d’histoire c’est toute l’identité de la Bretagne qui se révèle : intelligente, ingénieuse, courageuse, relevant tous les défis, ouverte, accueillante. »

Un patrimoine fluvial que la Région inscrit dans le développement de l’économie touristique

«  Une telle Bretagne, qui sait toujours se souvenir de ses futurs, ne peut abandonner ce patrimoine fluvial si chargé de mémoire, d’humanité, de vie ; elle doit lui donner, par respect de cette mémoire collective, un nouvel avenir, une nouvelle vocation sans doute modernisée. Mais voilà, rendre vivant notre patrimoine des canaux c’est avant tout le réintégrer dans sa fonction originelle, la navigation, l’affecter à un usage contemporain comme un support vital de la gestion et préservation de la ressource en eau, la reconquête de ses qualités et dans ses multiusage comme support d’une dynamique économique touristique. »